L'historique de l'association

En 1982, un groupe d'amateurs de chemins de fer de la région de Guingamp (Côtes d'Armor) rachète à la SNCF l'autorail de type "Picasso" X3890, qui vient de terminer sa carrière après trente ans de bons et loyaux services et près de 3,8 millions de kilomètres parcourus. Une association est constituée, qui se donne pour objet de conserver l'autorail et d'organiser éventuellement des circulations touristiques. Mais ces démarches n'aboutiront pas. Une convention est signée avec la Région SNCF de Rennes pour le garage du 3890 sous la halle de Guingamp où l'engin est acheminé.

En 1989, le projet de mise en valeur de l'engin est relancé par plusieurs passionnés de chemins de fer. L'Association des CHEMINS DE FER DU CENTRE BRETAGNE (C.F.C.B), qui reprend à son compte l'autorail, est constituée le 7 novembre 1990 dans le but de restaurer le 3890 afin d'organiser des circulations touristiques. La section de ligne Loudéac/Pontivy est envisagée (avec un prolongement éventuel jusqu'à Saint-Nicolas-des-Eaux). Les attraits historiques et touristiques de ce parcours, portion de la ligne St-Brieuc/Auray, ne sont pas négligeables. De plus, la section Loudéac/Pontivy est fermée au service voyageurs depuis peu (1988). Le transfert du "Picasso" à Loudéac est alors envisagé.

En 1991, la halle de Guingamp est abattue. Condamné à un stationnement à l'extérieur, le Picasso subit des dégradations. Son transfert devient alors une priorité. Le 22 février 1993, après deux ans de négociations, l'X3890 quitte Guingamp pour Loudéac. L'équipe des C.F.C.B procède au démontage et à la dépose de quelques organes afin de les réviser ou les réparer. Quelques autres travaux sont effectués, de façon sporadique. Mais l'autorail est toujours dehors et subit de très nombreuses dégradations et actes de vandalisme ; c'est notamment pendant ce séjour à Loudéac que les vitres du Picsaao seront quasiment toutes cassées. Ce n'est qu'en 1995 que le Picasso trouve enfin un abri, en l'occurrence l'ancienne remise à locomotives du Réseau Breton située dans les emprises de la gare fret SNCF de Loudéac. Cette remise est louée désormais par les CFCB.

1996 :la restauration du Picasso prend vraiment le départ. Des travaux de débroussaillement et d'assainissement de la remise débutent ; ils se poursuivront jusqu'au mois de mars. C'est alors que commence la restauration proprement dite. L'équipe des CFCB choisit de commencer par la remise en état du moteur, qui est progressivement démonté, afin d'obtenir rapidement un engin en état de marche, techniquement s'entend.

A la fin de l'année 1997, un événement inattendu vient cependant bouleverser les plans de l'association. La région SNCF de Tours organise en effet, au mois de mai 1998, un grand rassemblement d'autorails anciens à l'occasion des portes-ouvertes de ses ateliers de St Pierre des Corps et de l'inauguration des nouvelles installations dédiées aux récents XTER. Ayant eu connaissance du travail des CFCB, la direction de l'établissement contacte l'association pour faire venir l'X3890 à Tours. Exposé dans un état "en cours de restauration", il sera le témoignage du travail des membres des associations de préservation de matériel ferroviaire.Pour aller à Tours, l'autorail doit être extérieurement présentable. L'équipe des CFCB met les bouchées doubles et réalise en quelques mois la remise en état totale de la caisse et du plancher de l'autorail.

Le 31 mai 1998, l'X389 est baptisé "Ville de Loudéac". Quelques jours plus tard, il quitte Loudéac pour Tours via St-Brieuc, Rennes, Le Mans, acheminé en marchandise roulante au crochet d'une locomotive de la SNCF. Il a auparavant fait l'objet d'une expertise afin d'autoriser ce transfert. La bonne surprise : les bogies sont globalement en excellent état.

L'exposition de Tours, les 13 et 14 mai 1998, est un succès. De très nombreus visiteurs ont pu, durant le week-end, admirer l'X3890, entièrement repeint.

De retour à Loudéac où l'autorail est réacheminé quelques jours plus tard, l'équipe des CFCB se remet au travail et attaque la partie moteur de l'engin, afin de progresser encore vers un autorail complètement opérationnel. L'idée est alors, compte tenu des difficultés (tenant aux moyens à mettre en oeuvre et à la difficulté de procéder sans autorail de réserve) pour envisager rapidement une exploitation touristique régulière, de commencer dans un premier temps par des circuits occasionnels sur les lignes ouvertes au trafic. Pour ce faire, il faut obtenir une homologation complète de l'engin et les CFCB poursuivent leurs démarches avec les acteurs locaux pour en assurer le financement important.

De leur côté, les travaux continuent d'avancer. Une nouvelle étrape est franchie le 25n novembre 2000 avec la présentation au grand public et à la presse des premiers tours de roues de l'autorail, dont la partie motrice fonctionne de nouveau.

Parallèlement à la poursuite des travaux, notamment sur l'aménagement intérieur et la partie électrique et mécanique, les possibilités de rouler d'abord sur la ligne dite "des kaolins" près de Ploemeur (56) puis sur Morlaix-Roscoff sont examinées mais devront être abandonnées. En 2002 et 2003, des premiers contacts sont noués avec l'association Parb'Er qui projette de lancer un train touristique sur la partie sud (Pontivy-Auray). Les CFCB affirment et peaufinent leur projet : (Loudéac)-Pontivy-St Rivallain

L'aménagement intérieur très largement terminé, les sièges posés, l'autorail est présenté officiellement à l'extérieur le 22 mars 2003. Cette présentation est suivie d'une après-midi "portes ouvertes". L'X3890 fait plusieurs allers-retours avec voyageurs sur la courte portion de voie en sortie de la remise.

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